Le terre neuve

Les origines du Terre Neuve

L’origine de la race se trouve sur l’île de Terre-Neuve, à l’est des côtes canadiennes, en face de l’embouchure du Saint Laurent. L’île, vraisemblablement peuplée d’indiens en été, fut d’abord découverte par les Vikings et Erik le Rouge en 1002. A cette époque, les indiens utilisaient les chiens pour la chasse, la pêche, la traction et la compagnie. On pense que ce chien indien avait pour ancêtre le loup noir américain, les premiers chiens étant des louveteaux capturés puis domestiqués.


A partir de 1504, quelques pêcheurs français (basques, bretons, normands) s’installèrent sur la côte sud est, qui fut alors surnommée « french shore ». 

En 1524, Vezzano prit possession de l’île au nom du roi de France, puis en 1615 ce fut les colons anglais qui la colonisèrent.

Les navigateurs anglais furent les premiers à importer la race sur le continent européen, au début du 19ème siècle. A cette époque, on dénombrait plusieurs milliers de chiens sur l’île, qui étaient utilisés pour aider les pécheurs et tracter les charrettes pleines de poissons.

On retrouve plusieurs hypothèses concernant les origines précises de la race Terre-Neuve :

L’explorateur anglais Richard Witbourne affirme que la race est issue d’un croisement entre un Mastiff et la race autochtone, le Mastiff était un chien très populaire en Angleterre au moment de la découverte de l’île.

 

Le professeur Heim, cynophile suisse, propose une hypothèse appuyée par plusieurs passionnés de la race : le Dogue du Tibet, race très ancienne et existant encore de nos jours, aurait donné naissance au Terre Neuve, au Saint-Bernard et au montagne des Pyrénées. Dans son ouvrage, il montre que le crâne du Terre Neuve présente certaines analogies avec celui du chien préhistorique, Canis familiaris, ancêtre du Dogue du Tibet. Il serait arrivé sur l’île de Terre Neuve avec les Vikings, et aurait ensuite été croisé avec les races locales.

Certains écrits du 19ème siècle parlent du Barbet en tant qu’ancêtre du Terre Neuve. Cette hypothèse ne peut pas être rejetée, car le Barbet est un chien qui aime l’eau, et qui allait souvent naviguer avec les pêcheurs. Il a donc pu être emmené sur l’île par le biais de ceux-ci.

On raconte qu’en tentant de fuir de l’île d’Elbe, Napoléon Bonaparte tomba à l’eau, en pleine nuit, en essayant de monter dans le bateau de ses fidèles soldats. Piètre nageur, il échappa à la noyade grâce au Terre-Neuve d’un pêcheur qui sauta à l’eau et le ramena sur le rivage.

Les avantages à l’utilisation d’un chien dans les opérations de sauvetage à l’eau

On peut se demander quelle peut être l’utilité d’un chien dans les opérations de sauvetage, par rapport à une embarcation légère.

Tout d’abord, il faut souligner la rapidité d’intervention : il est bien plus aisé de transporter un chien qu’un embarcation, que ce soit par la route ou par les airs. Ainsi, celui-ci peut être mobilisé immédiatement avec son maître, par exemple à partir d’une plage ou par hélicoptère. Le chien est une aide précieuse pour son maître secouriste, lors d’une intervention en urgence sans embarcation : en soutenant la ou les victimes il lui évite de se fatiguer trop vite, et ainsi d’être plus efficace dans la réanimation.

Le chien n’est jamais envoyé seul vers une victime consciente, car celle-ci risque de le noyer en tentant de s’accrocher à lui, dans la panique. Dans ce cas de figure, le maître et son chien travaillent toujours ensemble, le maître gère la victime et le chien s’occupe de les ramener à terre.

Le chien est également utile lors d’intervention sur des berges difficiles d’accès, où il est impossible de mettre une embarcation à l’eau. En effet, celui-ci pourra toujours trouver un moyen de se jeter à l’eau, avec l’aide de son maître.

Enfin, il est souvent risqué d’intervenir avec une embarcation sur un plan d’eau dont le fond est très irrégulier, car on peut abîmer les hélices sur les hauts fonds, voire de détériorer le moteur. Le chien peut passer partout, et est alors souvent utilisé pour tracter des charges d’une rive à l’autre (exemple : pose d’un barrage flottant), charges qui seraient pénibles à transporter à dos d’homme.

Morphologie et aptitudes particulières facilitant le travail à l’eau

1. LES PIEDS

Il est doté d’une membrane inter-digitée beaucoup plus développée que chez les autres races de chien, et possède des pieds larges et ronds. Ceci lui permet d’avoir une grande surface de poussée dans l’eau et rend la nage plus efficace.

2. LE POIL

Le Terre-Neuve possède deux couches de poils, le sous poil et le poil de couverture. Le sous poil, laineux et très fourni, renferme des micros bulles d’air qui améliorent la flottabilité et isolent la peau de l’extérieur.

Le poil de couverture, long et huileux, permet à l’eau de glisser sur le pelage sans y pénétrer, et permet aussi de s’y accrocher ! Ainsi grâce à son abondante fourrure, le Terre-Neuve est bien protégé du froid lorsqu’il nage.

3. LA PUISSANCE MUSCULAIRE

Le Terre-Neuve est un chien très puissant mais il ne perd pas pour autant de son agilité. Sa force lui permet de tracter des embarcations de plusieurs centaines de kilos, ce qui lui donne un avantage par rapport à d’autres races d’eau comme le labrador, plus légers et moins puissants. Les muscles de la mâchoire et du cou sont également bien développés et permettent la traction avec la gueule, grâce à un bout par exemple.

4. LA CAGE THORACIQUE

Le thorax du Terre-Neuve est très large, ce qui lui donne une bonne stabilité dans l’eau et surtout une grande capacité de ventilation. Les narines sont également très larges, le chien peut donc inspirer et expirer de grandes quantités d’air, et peut nager longtemps sans être essoufflé.

5. LA TECHNIQUE DE NAGE

Il acquiert facilement une technique de nage efficace utilisant les 4 membres, alors que la plupart des chiens n’utilisent quasiment que leurs antérieurs pour nager et se fatiguent alors rapidement. Sa queue large et puissante lui sert de gouvernail.

6. LE CARACTERE

Le Terre-Neuve est un chien très doux, amical envers les étrangers, l’agressivité est considérée comme un défaut éliminatoire lors de la confirmation. C’est un chien calme, qui garde son sang-froid dans toutes les situations. Lors du travail à l’eau, le rôle du maître sera surtout de stimuler son chien, parfois un peu débonnaire…Néanmoins, la canalisation de l’énergie sur le travail demandé ne doit pas être oubliée.

Le Terre-Neuve est un chien tenace, qui n’abandonnera jamais la mission qu’il a commencé. Le maître doit être attentif à l’état de fatigue de son chien, car celui-ci est incapable de s’arrêter avant l’épuisement total. Cette ténacité a aussi ses inconvénients, lorsque le chien a décidé de nager dans une direction opposée à celle demandée par son maître.

Il possède une capacité décisionnelle propre, héritée de ces ancêtres qui, sur un bateau en pleine tempête, ne pouvaient entendre les ordres du maître et devaient se débrouiller seuls. C’est ainsi que certains chiens se précipitent à l’eau pour « sauver » des baigneurs qui n’ont rien demandé, sans se soucier de savoir si le maître l’a demandé ou non.